28 février 2026

Quelles sont les perspectives macroéconomiques en ce début d’année 2026 ?

Quelles sont les perspectives macroéconomiques en ce début d’année 2026 ?

L'économie américaine surprend par sa capacité de résistance. Après un passage difficile en début 2025 avec une contraction de 0,2 % au premier trimestre, la croissance a rebondi à 0,9 % au deuxième trimestre et affiche depuis une résilience inattendue. Les projections tablent sur une croissance robuste de près de 2 % en 2026. La demande intérieure hors stocks demeure dynamique, témoignant de la vigueur de l'économie américaine. Sur le plan institutionnel, le candidat de Donald Trump à la présidence de la Réserve fédérale américaine a rassuré les marchés quant au maintien de l'indépendance de la banque centrale, ce qui a brièvement soutenu le dollar et déclenché une correction des métaux précieux. 

En zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses prévisions de croissance à 1,4 % pour 2025 et 1,2 % pour 2026. L'inflation est maîtrisée autour de 2 %, tombant même à 1,7 % en janvier 2026, permettant à la BCE de maintenir son taux directeur à 2 %. Les perspectives dépendent largement des investissements en infrastructures et en défense, notamment du plan de relance allemand.

Au Moyen-Orient, les tensions avec l'Iran maintiennent une prime de risque sur les cours du pétrole, dans un contexte où les sanctions et les préoccupations autour du programme nucléaire iranien continuent de peser sur les marchés énergétiques mondiaux.

Les smid caps signent leur grand retour

Un des phénomènes marquants de 2025 est le rallye des petites et moyennes valeurs européennes. Les indices STOXX Europe Small et Mid ont progressé respectivement de 18,8 % et 23,3 %, surperformant les grandes valeurs pour la première fois depuis 2020. Les secteurs de la défense, de la construction et des financières mènent cette dynamique. Cette tendance devrait se poursuivre en 2026 pour plusieurs raisons structurelles : en premier lieu, les valorisations restent attractives avec un P/E moyen inférieur de près de 40 % aux grandes capitalisations. De plus, leur exposition domestique les protège des tensions commerciales internationales et elles bénéficient directement de la relance allemande en infrastructures et défense. Enfin, l'assouplissement des conditions de financement favorise leur développement.

Les valeurs de l’IA face à l’épreuve de la rentabilité

Aux États-Unis, une discrimination claire émerge au sein des valeurs technologiques. Les investisseurs scrutent désormais les retours sur investissement après les dépenses colossales en IA : les "Big Four" (Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft) prévoient d'investir plus de 650 milliards de dollars en 2026, soit une hausse de 67 % par rapport à 2025. Cette escalade provoque une différenciation : Alphabet et Meta, qui démontrent des retours tangibles via l'amélioration de leurs services publicitaires et cloud, résistent mieux que d'autres acteurs dont les CAPEX massifs inquiètent sans ROI clairement établi.

Cette sélectivité se reflète dans les indices : le S&P 500 Equal Weight (où les 500 entreprises disposent du même poids) surperforme le S&P 500 traditionnel depuis début 2026, pour la première fois depuis trois ans. La concentration extrême du marché – les sept premières valeurs représentant 35 % du S&P 500 – atteint des niveaux historiques comparables à 1999. Les petites et moyennes valeurs américaines, valorisées à un P/E de 17x contre 29x pour le S&P 500, bénéficient également de cette rotation, le Russell 2000 surperformant de 4,5 points le S&P 500 depuis janvier 2026.

Ce mouvement de  « déconcentration »  suggère un changement de régime où la sélectivité prime sur la concentration aveugle.

Achevé de rédiger le 11/02/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Muriel Tailhades Directrice Générale Zenith AM

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