10 juillet 2026

Premier semestre 2026 : géopolitique, IA et folie des semi-conducteurs

Regards sur les marchés - juillet 2026

Le premier semestre 2026 aura été marqué par le conflit au Moyen-Orient. La signature mi-juin d'un protocole permettant la réouverture du détroit d'Ormuz pour 60 jours a apaisé les craintes sur l'approvisionnement énergétique, sans lever toute incertitude. Malgré la reprise des tensions récentes, nous tablons sur la poursuite des négociations et sur des concessions américaines permettant une réouverture durable, l'enjeu économique étant important avant les élections de mi-mandat. Des phases de tensions et d'accalmie cet été devraient entretenir la volatilité.

Sur les marchés, la résilience a dominé, portée par l'IA : les bénéfices ont progressé en moyenne de 22 % au 2e trimestre pour le S&P 500 contre 9 % pour la médiane, signe d'une hausse concentrée sur peu de valeurs. Les Sept Magnifiques pèsent 29 % de la capitalisation et les dix plus grandes valeurs représentent environ 40 % des indices américains et émergent, un phénomène accentué par les futures entrées en bourse géantes (SpaceX, OpenAI, Anthropic). 

L'IA reste le principal moteur de l'économie mondiale : les investissements liés au secteur pourraient atteindre 1,5 % du PIB américain, proche du pic de la bulle internet, mais adossé à des marges solides. Les grands acteurs du cloud, qui financent ces investissements, sont sous pression pour prouver leur rentabilité, creusant l'écart avec les fabricants de puces, dont les résultats surprennent favorablement.

C'est d’ailleurs la folie des semi-conducteurs qui aura marqué les esprits : le SOXX a très largement surperformé le S&P 500 depuis 2023, porté par l'envolée des prix des puces mémoire, sur fond de pénurie liée à l'IA. Les nouvelles capacités de Micron, SK Hynix ou Samsung ne produiront leurs effets qu'à partir de 2027. Mais la chute de la production industrielle sud-coréenne interroge : correction technique, ou mouvement plus durable ? 

Du potentiel parmi les marchés américains et émergents 

Pour le second semestre, la zone euro devrait ralentir avant de rebondir en 2027, tandis que les États-Unis resteraient plus résilients, soutenus par l'investissement des entreprises et l'IA. Côté banques centrales, le retour des tensions sur les prix pousse vers un resserrement temporaire, avant un assouplissement en 2027.

Sur les actions, le potentiel reste concentré sur les indices américains et émergents, portés par l'IA et une dépréciation attendue du dollar. L'Europe, déjà bien valorisée et moins exposé à l’IA, offre moins de visibilité. 

Sur le crédit européen, les primes de risque (spreads) restent faibles, sans grande marge de resserrement. Nous conservons néanmoins un biais positif pour le High Yield : le rendement offert reste l'argument central (environ 3,7 % pour l'IG en euros, 5,9 % pour le HY). La demande, soutenue par des émetteurs solides, devrait absorber une offre en hausse, elle-même liée aux besoins de financement de l'IA.

En résumé, ce semestre aura illustré la capacité des marchés à absorber les chocs géopolitiques tant que croissance et résultats tiennent bon. L'IA demeure le fil conducteur de cette dynamique : moteur de croissance, principal soutien des actions, mais aussi source de vigilance sur la concentration atteinte. Le scénario reste constructif sans être béat : marchés américains et émergents conservent le plus de potentiel, le crédit européen un couple rendement/risque attractif via le portage, mais la vigilance reste de mise sur trois fronts : le conflit au Moyen-Orient, la capacité des banques centrales à concilier inflation et croissance, et la soutenabilité du cycle des semi-conducteurs. Cela plaide pour des portefeuilles diversifiés, participant à la dynamique de l'IA sans s'y exposer excessivement.

Achevé de rédiger le 09/07/2026

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Muriel Tailhades Directrice Générale Zenith AM

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